A la rencontre de Bruxelles, capitale européenne

Fou du Droit - septembre 2015

       Bruxelles est devenue, de manière définitive en 1993, le siège de l’Union Européenne. En ce sens, elle rassemble donc une majorité des institutions de l’union mais elle centralise également une grande partie de l’émulation européenne.

 

            Une quarantaine d’étudiants du parcours Europe, provenant des trois promotions, sont partis en Belgique en juin dernier afin de concrétiser leurs années d’étude. Au programme : visite et présentation des diverses institutions présentes, à l’image de la Commission, du Parlement, du Conseil de l’Union Européenne, du Comité des régions ou encore d’Eurocities. Le bureau du Conseil de l’Europe basé à Bruxelles nous a aussi ouvert ses portes. Nous avons ainsi eu la chance de découvrir ces lieux de pouvoir et d’apprécier le rôle de plus petites institutions, qui permettent de faire écho, dans la capitale belge, du quotidien des européens à l’échelle locale. Le poids grandissant du parlement sur l’échiquier européen et la perspective d’une parlementarisation totale de l’union nous ont poussés à rencontrer Isabelle Thomas et les assistants parlementaires de Jean Arthuis, tous deux députés européens. Ils ont pu nous parler de leur quotidien à Bruxelles ainsi que des grands sujets d’actualités, à savoir, la dette grecque, le traité transatlantique (TAFTA) ou  encore le sujet brûlant concernant l’immigration et les réfugiés. Ce dernier était en l’occurrence la thématique directrice de notre voyage d’étude.

 

         Le choix de l’immigration et des réfugiés s’est imposé à nous notamment de part l’actualité. La question des quotas de migrants, la situation sanitaire des réfugiés faisaient alors la une des journaux. Trois étudiants se sont par ailleurs arrêtés quelques jours à Calais avant de rejoindre Bruxelles, où ils ont rencontré des réfugiés et constaté l’ampleur de leurs difficultés. Dans le cadre de cette thématique, nous avons rencontré le Marthens Center (fondation du Parti Populaire Européen) ainsi que le Think Tank Egmont Institute afin de mieux saisir les enjeux majeurs que sont l’immigration et de l’intégration des migrants au sein de l’union. En effet, il existe aujourd’hui 28 visions juridiques et culturelles différentes de ce que devrait être la politique européenne de l’immigration et pourtant, pour réguler l’immigration en Europe et mettre fin à l’hécatombe méditerranéenne, les 28 états ont besoin les uns des autres. La représentation permanente de la France auprès de l’union européenne nous a également ouvert ses portes et nous a permis de prendre connaissance de la position officielle française au Conseil européen et au Conseil de l’Union Européenne sur ce sujet épineux même si cette position est restée très floue et imprécise malgré nos tentatives pour creuser la question.

 

        Si la France a une longue tradition d’immigration, certains pays scandinaves ou encore de l’est de l’Europe par exemple n’en ont jamais fait l’expérience. Bruxelles est une ville cosmopolite, où les langues, les cultures et les nationalités se croisent à chaque coin de rue mais tous les européens ne sont pas aujourd’hui prêts à ouvrir leurs portes aux migrants. Alors, malgré le renforcement de Frontex, l’agence européenne aidant les pays de l’UE à mettre en oeuvre les règles relatives aux frontières extérieures, ou la prise d’initiative de la Commission, il semble évident que le problème de l’immigration n’est pas prêt d’être résolu. Malgré tout, ce voyage nous quand même montré une chose : la solution sera européenne ou bien elle ne sera pas.

 

Laurane CHEDALEUX

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